January 3, 2020

Et toi, c'est quoi ton histoire ?

La première fois que je suis allée au théâtre, j’avais 16 ans, j’ai vu “Mon Monde à moi”, un seul en scène de Michel Boujenah qui explore les affres et les joies de la paternité. Ce que j’ai ressenti ce jour là au théâtre du Gymnase à Marseille, je ne l’oublierai jamais. Le sentiment que le comédien s’adressait à moi, me racontait l’histoire de mon père et de notre relation... Ce jour là, j’ai été traversée par d’intenses émotions. Pour la première fois, je voyais mon histoire de l’extérieur, je m’autorisais à ressentir et je prenais conscience.

Je dois vous avouer que ce n’était pas la première fois que j’allais au théâtre, mais c’est la première pièce qui me marqua si profondément. Je serai d’ailleurs bien incapable de me rappeler précisément du contenu du spectacle. Mais je me souviens de ce que j’ai ressenti ce jour là devant “Mon Monde à moi”.

Depuis, il y a eu des centaines autres pièces de théâtre à Marseille puis Paris, mes premiers cours de théâtre et surtout ma rencontre avec l’improvisation théâtrale, cette forme si spécifique qui est une véritable école de la vie.

20 ans après Michel Boujenah, je suis allée voir “Adieu Monsieur Haffman” au théâtre Rive Gauche, en décembre dernier. Cette pièce traite brillamment de l’histoire de l’occupation et du thème de l’infertilité. J’ai été émue jusqu’aux larmes : pas seulement à cause de l’histoire mais par la capacité des comédien.ne.s (ainsi que les auteur.e.s et metteur.se.s en scène) à travers la magie du théâtre, à transmettre, à garder vivant et en mémoire ce qui n’est plus. 


Nous avons tous la possibilité à notre manière de raconter des histoires. Nous avons tous la capacité à faire appel à l’imaginaire du public. Nous avons une voix sur scène et la possibilité de transmettre, d’émouvoir, de faire réfléchir, en racontant des histoires. 

Il y a tellement d’histoires qui n’ont pas encore été écrites et il y en a tellement qui ont déjà été jouées. Puisque la vie est un grand théâtre, je vous invite à vous poser la question : Qu’en est-il pour vous ? Quelle histoire voulez vous raconter ? 


Je m’appelle Marine Galland, j’ai 35 ans, et mon métier est de raconter des histoires et d’aider les autres à le faire.

Plus concrètement, je suis slasheuse, c’est à dire que je fais partie de ces personnes qui vivent de plusieurs activités. Pendant longtemps, j’ai cru être une hyperactive touche à tout, qui s'éparpille : j’étais consultante en CDI, et le reste du temps coach sportive, bloggueuse, comédienne, life coach, etc.

Le jour où j’ai compris la valeur que je venais nourrir à travers toutes ces activités: le partage, ainsi que le sens que j’y mettais : l’importance de raconter des histoires, tout s’est éclairci. Tout était lié. 

En 2016, j’ai pris la décision de vivre de toutes mes passions (la formation, le coaching et le théâtre). J’ai quitté mon job et je me suis lancée. 

Vous l’aurez compris, la forme théâtrale est la manière de raconter des histoires qui me touche le plus. C’est pour cela que depuis 10 ans, je mets autant de cœur et d’énergie dans le métier de comédienne, qui est pour moi l’un des plus beaux métiers du monde. 


En 2019, j’ai rejoint panache, un collectif qui me permet de réunir mes trois passions. Tout d’abord, c’est une équipe de personnes extraordinaires avec qui je partage les mêmes valeurs. C’est aussi une mission commune : faire rayonner les organisations, les personnes et les idées par la prise de parole. Et enfin, nous nous sommes fédérés autour d’un business model innovant : un principe de licence de 10% dédiée au label panache, qui assure une qualité de pédagogie grâce à une formation continue des formateurs, ainsi que du pro bono pour des personnes à faibles revenus et/ou porteuses de projets responsables. 


A travers cette histoire personnelle sur la nature de nos histoires, je viens de vous partager quelques messages clés du storytelling, en espérant les avoir incarnés !

Et oui... j’aurais aussi pu écrire l’article didactique suivant :


Recette pour créer une bonne histoire

1/ Identifiez le message clairement

Pour faire référence au Golden Circle de Simon Sinek, il est essentiel de commencer par le WHY (avant le How et le What).

  • Quel est votre objectif ? 
  • En quoi est-ce important pour vous ? 
  • A quoi verrez-vous qu’il sera atteint ?
  • Quel est le propos ? 
  • Qui est votre public ? 

2/ Faites vivre des émotions 

Ce qui compte vraiment dans le storytelling, c’est de parler avec son cœur. Le langage des émotions est universel. Si vous croyez en ce que vous dites et que vous le ressentez sincèrement, vous transmettrez des émotions. En étant authentique, vous alignerez tous vos canaux de communication (corps et mots) pour atteindre la congruence. 

Rappelez-vous : le corps est bavard et il ne ment pas.

Et pour citer Maya Angelou, une écrivaine et actrice américaine que j’adore “Les gens oublieront ce que vous avez dit, ils oublieront ce que vous avez fait, mais n'oublieront jamais ce que vous leur avez fait ressentir.” 


3/ Parlez de vous

En parlant de vous, vous créez du lien avec votre public. Toute relation est nourrie par notre capacité à nous ouvrir, à donner un peu de nous et notre capacité à s’intéresser à l’autre, à être curieux de l’autre. En parlant de vous, vous créez le lien et l’attachement avec le public, socle fondamental pour toute bonne prise de parole.

C’est d’ailleurs une des définitions du charisme : notre capacité à donner à voir une partie de nous.

Gardons en tête que l’intime parle de l’universel. Et pour reprendre un adage bien connu “Parlez moi de moi il n’y a que ça qui m’intéresse”, le public projettera toujours son histoire sur la vôtre. Il fera les liens, y verra ses résonances. Plus vous serez précis, plus vous leur permettrez de faire ces liens.

Les histoires ont un effet thérapeutique. Très souvent, elles nous permettent d’affronter de manière détournée nos peurs ou toute autre émotion. C’est le fameux effet cathartique, qui nous libère de nos émotions et traumas.


4/ Utilisez le sous texte

Ce qui n’est pas dit explicitement est souvent plus puissant car il implique le public.

Ce qui est évoqué, insinué, suggéré permet au public d’être co-acteur de l’histoire, car il fait appel à son imaginaire.

Comme nous le dit très justement Benjamin Franklin “Tu me dis, j'oublie. Tu m'enseignes, je me souviens. Tu m'impliques, j'apprends.”

Pour faire vivre le sous texte, travaillez votre langage non verbal et para verbal pour faire passer vos messages, au delà des mots que vous prononcez. Pour rappel, l’étude de Mehrabian de 1967 nous dit que 93% de la communication serait non verbale. Bien que ce chiffre soit controversé, sachez qu'on se souvient surtout de votre communication non-verbale (corps et mélodie de votre voix), et non pas des mots employés.


Vous avez maintenant les ingrédients principaux pour écrire votre histoire. Il en existe évidemment plein d’autres, que je serais ravie de vous partager, notamment pour faire vivre vos histoires dans de belles prises de paroles.

Et n’oubliez pas, c’est dans la détente et dans le plaisir qu’on est les meilleurs.


Je vous ai un peu parlé de moi, et vous ? Quelle histoire avez-vous envie de raconter avec panache ? 

Prêt.e à commencer à vous transformer pour transformer la société avec des prises de parole engageantes ? Abonnez-vous à notre Newsletter pour recevoir du contenu et des conseils uniques.

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