March 8, 2020

Être une femme, être fière et être écoutée

1984, je suis née à la clinique du Chesnay, dans les Yvelines. Je suis la première d’une famille de 2 enfants.

Mon père, fan de bagnole et de bricolage, ingénieur sorti des Arts et Métiers, aurait aimé avoir un fils. Je suis une fille… Inconsciemment, ce sujet va me suivre toute ma vie. 

Je grandis dans le sud de la France dans une famille où l’action et le challenge sont valorisés, nous structurent. Mes week ends sont rythmés par de nombreuses activités comme la course à pied, le ski, le kayak, le bateau, le vélo, l’escalade et j’en passe.

Au lycée, puis en école de commerce, ma personnalité se dessine et se renforce.

Je traîne essentiellement avec des mecs, c’est cool.

Je fais des sports de mec, c’est cool. Ma plus grande fierté ? Faire partie de l’équipe de Rugby de l’école.

Le maquillage, le shopping, les sentiments ou autres sensibleries… tous ces « trucs de filles » pfff...c’est superficiel.

Je me considère différentes des autres « filles » et j’en suis fière.

Les garçons me disent souvent « t’es top toi, t’es comme un mec ». On m’apprécie, c’est cool.

A 22 ans, j’ai passé la plus grande partie de ma vie à coller à des codes communément admis comme masculin.

2008 : Arrivée sur Paris, je plonge dans le monde du travail.

Je voulais bosser dans le sport ou les voitures. Hasard de la vie, j’atterris dans le Retail et les fringues…

Je me fais violence pour m’adapter à ce monde de femmes dont le seul objectif est de séduire, monde dans lequel je ne me sens pas à ma place.

En parallèle, je me mets au théâtre puis à l’improvisation théâtrale, une discipline majoritairement masculine à l’époque car c’est bien connu il faut des « couilles » pour oser improviser. A travers ces activités artistiques, je découvre mes émotions, ma sensibilité (article sur ce sujet).

J’ouvre une porte en moi, jusqu’alors insoupçonnée : je peux être féminine, sensuelle, je peux ralentir, contempler, ressentir, créer, imaginer, rêver. Je me retrouve dans des codes communément admis comme féminins.

Je ne sais plus très bien qui je suis, j’ai la sensation d’être tiraillée comme si je devais choisir entre les deux… Je plonge dans le développement personnel pour partir en quête de moi même.

2014, je fête mes 30 ans. Après plusieurs années d’introspection, je me sens enfin apaisée avec ce tiraillement.

Je me fais tatouer « In medio stat virtus » sur les poignets, ce qui signifie en latin : le juste milieu, l’équilibre. Il s’agit du symbole pour moi de la réconciliation de mon masculin et mon féminin. Je sens que ce sujet est derrière moi.

2015, je suis enceinte. Le gynécologue m’annonce que je vais avoir une fille, je fonds en larmes. Mes pensées automatiques « j’ai encore perdu à la loterie », « il est plus difficile d’être une femme dans notre société », et si je tire le fil de mes pensées, je tombe sur « être une femme c’est moins qu’être un homme. Sur tout ». Le sujet est toujours là…

J’explore mes sentiments et mes pensées jusqu’à l’accouchement. Je prends alors conscience de ce que je veux vraiment.

Janvier 2016, à la maternité, je me fais une promesse : contribuer à mon échelle pour faire évoluer les symboles du féminin, les injonctions faites aux femmes et les stéréotypes de genre. Je deviens féministe. 

Pendant 4 ans, je plonge dans ce sujet qui me passionne: des heures de lecture, de podcast, de spectacles, d’échanges, de réflexions, des projets dans tous les sens, dans toutes les sphères : des réseaux professionnels féminins, une chaîne youtube féministe, en passant par de la self défense jusqu’à une troupe d’improvisation féministe.

En ce 8 mars 2020, journée internationale des droits des femmes, je vous partage cette histoire, qui est mon histoire.

Ce chemin personnel de prise de conscience et de responsabilisation me permet aujourd’hui d’être pleinement alignée entre ce que je fais, comment je le fais et pourquoi je le fais. Cet alignement se traduit dans ma communication et me permet d’être congruente dans mes prises de paroles (alignement du corps et des mots).

A travers ce travail d’introspection, j’ai renforcé ma communication interpersonnelle.

Nous avons tou.te.s une histoire qui nous a construit et façonné.

Prendre conscience de ses mécanismes, de ses croyances limitantes ou aidantes, de ce qui a du sens pour nous est un travail fondamental pour renforcer nos prises de parole : que ce soit face à une personne ou tout un public.

Qu’est-ce que je connais de moi ? Quelle image je me renvoie ? Quelle image je projette ? Quelle pensée ? Pour quelle émotion ? Pour quel comportement ? 

Comment je m’exprime ? Comment j’interagis avec les autres ?

En quoi “qui” je suis va venir teinter ma communication ?

Je souhaite un monde où chaque individu rayonne car il est libre d’être qui il veut, indépendamment de la case dans laquelle il est né ou s’est mis. 

J’ai réussi à dépasser mes croyances limitantes : « je suis une fille, donc.. je ne dois pas prendre de place… je manque de confiance en moi… je manque de répartie….je manque d’assurance… ». Ce qui m’a permis de faire un saut important dans ma communication interpersonnelle. Et j’en ai même fait mon métier: sur scène en tant que comédienne, ou dans l’accompagnement en tant que formatrice et coach professionnelle certifiée. 

Via le collectif panache, je suis à ma juste place. Nous accompagnons les individus sur un travail fond-forme et même plus profond que ça encore. Un travail qui permet à mon sens d’aller beaucoup plus loin :

  • Identifier et sortir des carcans, des cases dans lesquelles la société peut nous mettre ou dans lesquelles nous nous mettons seul.e.s
  • Se comprendre, s’accepter et s’aimer
  • Se reconnecter à son why, à ce qui a du sens pour nous
  • Déployer ses ailes pour atteindre son plein potentiel

Et toi, qui es-tu ? Comment aimerais-tu communiquer et prendre la parole demain ? 


Moi je suis Marine Galland, je suis une femme, j’en suis fière et je suis écoutée.

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